François Bayrou sur Le Point : "On donne plus à Tapie qu’aux villes qui viennent de perdre des régiments"

28 Aug 2008

Revenant sur l’affaire Bernard Tapie, François Bayrou rappelle une nouvelle fois que “La décision a été prise au sommet de l’Etat de renoncer à la défense des intérêts des contribuables et d’assurer la fortune de M. Tapie ! (…) L’argent des contribuables prend en charge toutes les dettes accumulées par M. Tapie tout au long de sa vie, dettes commerciales, fiscales et sociales, et va faire de lui une des plus grosses fortunes françaises. C’est sans précédent …”

A la question “la proximité avec Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais et avec Eva Joly explique-t-elle ces critiques?”, François Bayrou répond : “J’ai beaucoup d’estime pour M. Peyrelevade, un homme de qualité qui a relevé le Crédit lyonnais. J’ai beaucoup d’estime pour Eva Joly, une magistrate incroyablement courageuse. Mais je me préoccupais de l’affaire Tapie bien avant de connaître l’un et l’autre.” et continue “Avec Charles-Amédée de Courson (administrateur de la structure qui chapeaute le CDR), nous avons interpellé les pouvoirs publics sur les risques que recélait cette affaire dès la précédente législature. C’est lui, en vérité, qui m’a fait découvrir le labyrinthe de ce dossier.”
Il conclut : “Mais ce qui me préoccupe avant tout, c’est l’affaissement de l’Etat. Car M. Tapie n’est pas le problème. Des hommes comme lui, qui essaient de bâtir une fortune en se jouant des banques, du fisc, de l’Urssaf et des règles de droit, il y en a beaucoup, et il y en aura toujours. Sauf que, d’habitude, ils trouvent l’Etat devant eux dans le rôle du gendarme. Ici, au contraire, l’Etat a été un protecteur et un complice.”